Des migrants attendent d’être secourus par une ONG, en février 2017. © Emilio Morenatti/AP/SIPA

Jeudi, au moins six migrants ont été retrouvés morts au large de la province de Chabwa dans le sud du Yémen. Ils auraient été contraints de sauter par dessus bord par leurs passeurs. Au total, mercredi et jeudi, 300 personnes auraient été obligées elles aussi à sauter à l’eau, d’après l’Organisation internationale pour les migrations au Yémen qiu a recueilli les témoignages de survivants.

Ils auraient commencé mercredi 9 août pour récidiver le lendemain. Selon les indications d’un communiqué de l’OIM (l’organisation internationale pour les migrations), des passeurs auraient jeté délibérément à la mer 120 migrants en provenance d’Éthiopie et de Somalie à l’approche de la côte de Chabwa, au sud du Yémen. Puis jeudi 10 août, selon un second communiqué de l’OIM, au moins 180 autres auraient connu le même sort, dont six ont été retrouvés morts, au même endroit.

En tout, assure l’organisation, quelque 300 Africains auraient ainsi été intentionnellement jetés à la mer en 24 heures par des passeurs au large du Yémen. « Les survivants ont dit à nos collègues sur la plage que les passeurs leur avaient demandé de se jeter à la mer après avoir vu ce qui semblait être des représentants des autorités », a indiqué Laurent de Boeck, chef de mission de l’OIM, en parlant de l’incident de jeudi.

L’organisation a dit travailler étroitement avec le comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour donner une sépulture aux morts retrouvés en mer et pour soigner les survivants. « Nous avons envoyé nos équipes dans la zone. Vingt-cinq passagers du bateau sont blessés et sont actuellement soignés sur la côte du Yémen », a déclaré la porte-parole de l’OIM.

Enterrés à la hâte

La quasi totalité des migrants proviennent de la Corne de l’Afrique. Selon l’OIM, ils continuent d’affluer au Yémen, « qui est pourtant un pays pauvre déchiré par la guerre », avec l’espoir d’atteindre les pays du Golfe plus riches.

Les victimes du drame de mercredi ont été mis en terre, visiblement à la hâte, par des trafiquants. L’OIM « estime à environ 50 le nombre de victimes dont 29 corps ont été découverts dans des tombes creusées à la hâte sur la plage ». « [Les survivants] nous ont également raconté que les passeurs avaient repris la route de la Somalie pour continuer le même trafic et emmener plus de migrants au Yémen », a ajouté Laurent de Boeck.

Des femmes et des mineurs

Depuis le début de l’année l’OIM estime à 55 000 le nombre de migrants arrivés au Yémen en provenance de la Corne de l’Afrique. Un tiers sont des femmes, et plus de 30 000 d’entre eux moins de 18 ans.

« Beaucoup de jeunes gens paient les passeurs avec l’espoir d’avoir une vie meilleure ,c’est choquant et inhumain. La souffrance des migrants sur cette route est immense », s’est encore insurgé Laurent de Boeck

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