Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Madame Corinne Deléchat, a séjourné à Yaoundé du 22 au 29 août 2017 pour examiner l’évolution récente de l’économie camerounaise, ainsi que le budget 2018 et le cadre budgétaire à moyen terme. 
Le 26 juin 2017, le Conseil d’administration du FMI a approuvé en faveur du Cameroun un accord triennal au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant de 483 millions de DTS (environ 666 millions de dollars), soit 175 % de la quote-part du Cameroun au FMI, à l’appui des réformes économiques et financières du pays (voir communiqué de presse 17/248).  
Le programme appuiera le plan de réforme des autorités camerounaises, qui vise à reconstituer les amortisseurs budgétaires et extérieurs, ainsi qu’à jeter les bases d’une croissance durable et tirée par le secteur privé. Il contribuera aussi à l’effort déployé collectivement pour rétablir et préserver la stabilité extérieure de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). La décision prise par le Conseil d’administration a permis de décaisser 124,2 millions de DTS (environ 171,3 millions de dollars) début juillet. Le montant restant sera étalé sur la durée du programme, sous réserve de revues semestrielles.
À l’issue de la visite, Madame Deléchat a publié la déclaration ci-après : 
« La croissance économique pour 2016 a été révisée à la baisse, de 4,7 % à 4,5 %, en raison de la diminution de l’activité dans le secteur pétrolier. Selon les projections des services du FMI, la croissance en 2017 devrait continuer de ralentir pour s’établir légèrement en deçà de la projection initiale de 4 %, principalement à cause de la baisse continue de la production pétrolière et des retards dans la mise en activité du nouveau gisement de gaz naturel. La croissance non pétrolière a profité de la vigueur de la production industrielle, grâce à l’amélioration de l’offre d’énergie, et de la bonne tenue du secteur primaire, même si d’autres indicateurs, tels que le crédit au secteur privé et les recettes fiscales, font état d’un affaiblissement de l’activité. L’inflation reste faible, à 0,6 % fin juin (en glissement annuel). La balance commerciale continue de s’améliorer : les exportations de cacao, de bois et d’aluminium ont progressé, tandis que les importations ont quelque peu diminué.  
« Les perspectives économiques pour 2018 sont positives, bien qu’elles soient exposées à des risques de dégradation. La croissance devrait rebondir à 4,2 % environ, en raison de la mise en production de la nouvelle plate-forme offshore de gaz naturel. À moyen terme, la croissance devrait continuer de s’accélérer  progressivement, à 5–5 ½ %, à mesure que de grands projets d’infrastructures sont achevés, notamment des usines hydroélectriques, le port en eau profonde et des routes. La construction liée à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2019 devrait aussi contribuer à l’activité, quoique seulement de manière temporaire. Parmi les risques externes et internes figurent une nouvelle série de baisses des prix des produits de base, notamment du pétrole, du cacao et du café, une résurgence des problèmes de sécurité et de nouveaux retards dans la mise en exploitation de grands projets d’infrastructures. 
« Sous réserve de confirmation lors de la première revue du programme en octobre, les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par la FEC sont restés conformes aux objectifs quantitatifs fixés pour fin juin. En outre, le gouvernement a mis en œuvre des mesures structurelles importantes dans le cadre du programme, notamment la publication régulière de la structure des prix des produits pétroliers et un renforcement de la coopération entre les administrations des douanes et des impôts. 
« Cependant, la mise en œuvre du budget au deuxième semestre de 2017 pourrait souffrir d’une nouvelle baisse de la production et des recettes pétrolières, ainsi que des impôts sur le commerce qui y sont liés. Les recettes non pétrolières pourraient aussi subir les effets d’un affaiblissement de l’activité. Comme la liquidité du système bancaire est tendue, un décaissement en temps opportun de l’aide budgétaire extérieure prévue sera essentiel pour assurer un financement adéquat du budget. Néanmoins, les services du FMI sont d’avis qu’il est possible d’atteindre les objectifs budgétaires du programme fixés pour le deuxième semestre de 2017, à condition que l’exécution du budget demeure prudente, qu’un effort supplémentaire soit déployé sur le plan du recouvrement des impôts et que des mesures contingentes soient définies au cas où les recettes seraient inférieures aux prévisions. 
« La préparation du budget 2018 progresse bien et conformément au calendrier. Les autorités ont révisé à la baisse leurs projections des recettes afin de tenir compte de la diminution de la contribution
du secteur pétrolier. La mission a engagé vivement les autorités à réviser leurs plans de dépenses en conséquence et à chercher à accroître les recettes fiscales non pétrolières en élargissant l’assiette de l’impôt. 
« L’équipe des services du FMI reviendra à Yaoundé en octobre pour mener les entretiens relatifs à la première revue de l’accord au titre de la FEC en faveur du Cameroun. 
« L’équipe a rencontré le Ministre, Secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, le Ministre, Secrétaire général des services du Premier Ministre, Séraphin Fouda, le Ministre des finances, Alamine Ousmane Mey, le Ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire, Louis Paul Motaze, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires et des représentants de la communauté diplomatique, des partenaires au développement et du secteur privé. 
« L’équipe tient à remercier les autorités camerounaises de leur hospitalité chaleureuse, de leur excellente coopération et de leur dialogue constructif et franc ». 

Distribué par APO pour International Monetary Fund (IMF).

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